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La Posture: un pré-requis pour le mouvement ?




Pour ce tout premier article sur mon blog, quoi de mieux que de parler des notions de base que sont la - Posture - et le - Mouvement -.


De plus en plus, nous entendons des phrases telles que:

  • « Redresses-toi »

  • « Soignes ta posture »

  • « Coordonnes tes gestes »

  • « Améliore ton mouvement »

  • Pour arriver à des « Put***, mais appliques toi »

  • Ou des « Fu**, mais fais gaffe à ton genou qui rentre lors de ton squat »


Et si la Posture était un pré-requis au mouvement ? Est-ce que Posture et Mouvement ne serait qu’un? Est-ce qu’un bilan morphostatique serait un examen plus parlant qu’un screen en mouvement?


Pour faire simple et éviter de faire durer le suspens pour les personnes n’ayant que peu de temps à consacrer à lire cet article, je vous résume simpliment :

-> Posture et mouvement c’est la même chose.



Maintenant, nous pouvons entrer un peu plus dans le détail.


Comme nous pouvons l'entendre, et à juste titre, « améliorer la posture », « améliorer le mouvement », « améliorer la mobilité » sont des notions et des concepts qui prennent une part prépondérante dans le travail des Physios, Kinés, Ostéos, Coachs Sportifs, Prépa Physiques, …


Pour cela, les principaux leviers et moyens utilisés sont :

  • Les étirements: muscles, fascias, …

  • Les auto massages

  • Le renforcement musculaire, dont le « Core »

  • Le renforcement des muscles faibles : fessiers, rhomboïdes, ……

  • ... et bien d’autres

Les mécanismes ainsi mis en jeu sont d’ordre mécanique, biomécanique, énergetique, fascias, …

Alors je tiens à préciser de suite que je ne critique pas ces techniques, je propose une alternative, qui à mon sens, prend davantage en compte le contexte initial, et qui à du sens dans l’amélioration de la posture et du mouvement.




Le contexte initial donc… De quoi parle-t-on?


L’une des premières erreurs les plus communes est de penser que l’on nait équilibré, et que si nous avons des tensions musculaires, des troubles de coordinations, des défauts de mobilité, c’est parce que quelque chose s’est passé et qui a créé ce « problème ». Or, ce constat est faux. En effet, nous naissons déséquilibré: en Cyphose dorsale, avec les pieds plats, un tonus musculaire élevé, hyper-sensibilité tactile, etc. Ainsi, l’ « Equilibre » relatif, se gagne et s’acquière, par des étapes de neuro développement. Si ces étapes de développement ne se sont pas faites de manière optimale, il y a présence d’un risque accrue d’apparitions de tensions musculaires, de muscles dits « faibles », des défauts de mobilité, des douleurs, etc. Ces stades de développement non intégrés de manière efficaces vont entraîner des adaptations dans la posture et dans des stratégies de compensations dans le mouvement.



Mais bref, ne nous éloignons pas. Du moins pas trop.


Une bonne posture et un bon mouvement sont donc le fruit d’un bon développement sensori-moteur. Pourquoi sensori-moteur? Car c’est le sensoriel qui va donner de l’informations pour nourrir le moteur. Un contrôle moteur non optimal, c’est à dire qui engendre une sur-sollicitations articulaires, musculo-tendineuse ou encore une augmentation de la dépense énergétique pour une même tache donnée, est le fruit d’une mauvaise intégration des informations sensorielles. La qualité de l’output - moteur - est donc dépendant de la qualité de l’input - les informations sensorielles -.


Les informations sensorielles primordiales, c’est à dire le système vestibulaire, la proprioception et le tactile, vont être collectés par les récepteurs spécifiques. Ainsi, le tactile va informer le lobe pariétal (référence à la partie Homoculus), tandis que la proprioception et le vestibulaire vont informer le cervelet. Pour finir, le lobe pariétal et le cervelet vont, à leur tour, informer le lobe frontal pour donner le mouvement.


Dans ce lobe frontal, on va s’intéresser à deux aires bien spécifiques qui sont celles responsables du mouvement:

L’aire 4: Cortex moteur primaire. Le cortex moteur désigne l’ensemble des aires du cortex cérébral qui participent à la planification, au contrôle et à l’exécution des mouvements volontaires des muscles du corps. En bref, c’est lui qui donne le mouvement volontaire et va définir ta marche, ta course, ton squat, ton bench, ton jardinage, etc. Pour ce faire, le cortex moteur reçoit les informations de l’aire 6, puis va envoyer un signal efférent aux noyaux moteurs de la moelle épinière après accord de l’aire motrice supplémentaire. L’aire 6, aire pré-motrice a pour mission 2 rôles. Dans un premier temps, elle va informer l’aire 4 afin que cette dernière puisse réaliser l’acte moteur. MAIS, son second rôle, qui est bien trop oublié et qui va clore ce débat entre Posture et Mouvement, est qu’elle prépare la posture et le tonus de base.


En somme, pour que l’acte moteur (c’est à dire, le mouvement final, qui est sans cesse screené, évalué, comparé) ait lieu, il faut une activation de l’aire 4. Pour que l’aire 4 ait l’autorisation de déclencher le mouvement, elle doit avoir l’information de l’aire 6.

Donc, en terme d’activation du cerveau, on ne peut pas séparer la Posture du Mouvement, car les deux se font en même temps.

Pour finir, s’il y a erreur dans le mouvement il y a nécessairement simultanément une erreur dans la préparation de ce geste, dont l’aire 6 est responsable (par les voies neurologiques du tronc cérébrale), et donc un défaut de posture.


D’un point de vue purement neurologique, la posture et le mouvement… c’est la même chose.

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